Bonjour,

Je vous écris de retour de Rome, je suis à Berlin. Je viens de passer quelques jours en Italie pour participer au G8 avec l'équipe d'Action Factory à laquelle je participe (voir mon billet du 14/08/10 : c'est quoi AVAAZ ?).

Le G8 2009 en ItalieG8 action

Après la France en 2003 et l'Écosse en 2005, j'ai participé à mon troisième G8. Ce "club" (il n'y a pas d'autre définition officielle) des puissants réunis la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Russie, les États-Unis, le Canada et le Japon.

C'est à ce moment que sont choisit les politiques qu'ils veulent impulser au sein du FMI, de la Banque Mondiale ou des négociations climat au sein de l'ONU. Dans ses dernières déclarations, la réunion préparatoire du G8 sur l'énergie parlaient de liberté de commerce, de garantir la production d'énergies fossiles et nucléaire. Les politiques d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique et d'économies d'énergie sont vus uniquement pour la sécurité des pays du Nord. Rien sur l'aide des pays touchés par le changement climatique ou pour les réfugiés climatique.

Depuis des années, la contestation augmente contre cette réunion qui décide de l'avenir du monde en dehors de toute démocratie. La presse et la société civile sont tenus à l'écart des réunions, et seuls les conférences de presse laisse filtrer le peut d'information que souhaite chaque délégation.

Il y a 8 ans, l'Italie accueillait déjà le G8 à Gênes. Un manifestant avait été tué par la police. L'école Diaz qui abritait le centre des média indépendant avait cerné puis 'nettoyés' de ces ordinateurs et occupants, du sang maculait les murs et le sol. Des dizaines de manifestants avaient été retenus en prison et torturé (interdiction de s'assoir, refus de médicament, arrachage de piercing...) ou humilié (mise à nues des femmes devant les policiers, salut fasciste à faire...).

Cette année, Berlusconi a choisis la zone de l'Aquila pour accueillir le G8. La zone est dévasté par le tremblement de terre. J'ai vu les camps de tentes, les bâtiments en ruines et la présence de l'armée. Les habitants souhaitent reconstruire leur ville mais ont de plus en plus de mal à supporter le couvre feux, les contrôles incessant, la limitation de l'expression (télé arrêté la nuit, interdiction de diffuser des tracts, contrôle des réseaux de téléphonie...), etc. Toute manifestation non autorisé est impossible tant la zone est militarisé (garde civile, toutes les armées, police pénitentiaire, police municipale...). Tous les accès à l'autoroute depuis Rome, à 120 km, sont contrôlés par la police. Des hélicoptères surveillent Rome en permanence. Les accords de Schengen ont été levé et le contrôle aux frontières de l'Italie est à nouveau appliqué. Des arrestations 'préventives' d'activistes ont lieu grâce aux lois anit-terroristes, etc.

Dans ces conditions, et pour la première fois depuis Gênes, aucune coordination des militants n'a été possible, que ce soit du côté des grandes ONG comme attac ou le WWF, ou des activistes plus radicaux comme les anarchistes. Aucun centre de convergence, d'hébergement ou d'information n'a pu être mis en place. Deux espaces occupés à Rome ont servis de point de ralliement pendant 3 jours avant d'être vidés par la police et les personnes présentes arrêtées.

Pendant ce temps à L'aquila, des amis accrédités au sein du G8 expliquaient que les médias disposaient des 3 bars à thèmes, d'un centre de remise en formes, de massages, dans un luxe qu'ils ne connaissaient pas.

Présence d'AVAAZ durant le G8

G8 controle Dans ce cadre, j'ai participé à l'équipe d'Action Factory financé par Avaaz pour demander un accord ambitieux à Copenhague en décembre 2009 dans le cadre des négociations de l'ONU. Je ne suis pas sur de rester dans ce groupe d'Avaaz, je l'avais rejoint à la mi-mai en faisant un virage depuis Sofia en Bulgarie. Nous avons une semaine de discussion en groupe pour faire le point sur la ligne politique d'AVAAZ, sur notre relation de groupe avec AVAAZ et enfin sur notre fonctionnement interne pour tendre faire une organisation plus horizontale.

AVAAZ est une ONG américaine qui n'a aucune ligne politique clair. Depuis 1 mois, je n'arrive pas à avoir de réponse par mail ou en discutant avec ses membres dirigeants. En dehors d'organiser des pétitions par email, je ne sais pas ce qu'elle souhaite faire. Ces messages sont très peu ambitieux (un bon accord à Copenhague, garder le climat frais...) et n'ai appuyé par aucun document de réflexion ou de campagne autre qu'une pétition de temps à autre.

Elle annonce 3 millions de membres alors qu'il n'y a aucun adhérent mais une liste de 3 millions d'adresses emails. Si vous ou vos amis faites parties de ces listes, je vous encourage à vous renseigner sérieusement avant de continuer, et à demander des détails sur l'utilisation de leur financement avant de faire un don (budget annuel annoncé par Ben Wickler, le dirigeant de 28 ans : 5 millions de dollars pour une équipe de 10 permanents).

Si vous avez plus d'info que moi, merci de me les communiquer.

Le travail fait en Italie

L'une des 2 actions d'Action Factory étaient un striptease sur les escaliers de la place d'Espagne à Rome. Vous pouvez voir les photos et les articles dans les médias ici : http://www.flickr.com/photos/europeactionfactory et https://sites.google.com/a/actionfactories.org/eu-actionfactory/Home/media

Je pense que l'impact en dehors des articles dans la presse est quasiment nul. Suite à cette action, puisque je tenais la bannière, la police a contrôlé mon identité durant 2h, dan la rue puis au poste de police. 2 autres personnes ont été contrôlé avec moi. En principe, rien de devrait nous arriver, il nous est juste reproché de ne pas avoir demandé d'autorisation.

Mes photos de la ballade à Rome est aussi en ligne, ainsi que le trajet de Berlin à Rome en passant par Innsbruck car j'ai conduis le van de matériel du groupe. http://www.flickr.com/photos/benkamorvan

Dernier lien : http://radiosterni.qsdf.org/, une webradio avec une émission spécial climat avec Avenir Climat le jeudi 23 juillet à partir de 20h30

Merci à tous de me suivre !

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