Réduire les émissions de gaz à effet de serre

Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts sur le climat (GIEC), soutient, à titre personnel, l'objectif de parvenir à une concentration de 350 ppm (parties par million) de CO2 dans l'atmosphère, jugé irréaliste par nombre de négociateurs (y compris par ce monsieur de Yvo de Boer, encore lui !).

"En tant que président du GIEC, je ne peux pas prendre position car nous ne formulons pas de recommandations. Mais en tant qu'être humain, je soutiens pleinement cet objectif", a expliqué Rajendra Pachauri dans un entretien téléphonique. "Je suis convaincu, quand je regarde ce qui est en train de se passer et ce qui va probablement se passer, que nous devons être extrêmement ambitieux et déterminés et nous rapprocher de l'objectif 350", a-t-il ajouté.

La concentration actuelle se situe entre 385 et 390 ppm et les émissions mondiales continuent de croître à un rythme soutenu.

Dans son dernier rapport, publié en 2007, le GIEC estime que, pour éviter que le réchauffement climatique ne dépasse les + 2 degrés, seuil au-delà duquel un certain nombre de points de non retour pourraient être franchis, il est nécessaire de maintenir les concentrations de CO2 dans l'atmosphère en-dessous de la barre des 450 ppm.

Selon le GIEC, dont le rapport sert de guide aux négociations, cet objectif ne peut être atteint que si les émissions de l'ensemble de pays de la planète atteignent un pic en 2015 pour décroître ensuite rapidement.

Lors de la dernière réunion de négociations à Bonn, mi-août, un groupe de 80 pays - les plus pauvres de la planète mais aussi les plus exposés au réchauffement, à l'image des petits Etats insulaires menacés par la montée des eaux - ont appelé la communauté internationale à adopter cet objectif de 350 ppm, qui devrait permettre de limiter la hausse moyenne des températures à + 1,5 degré.

Si ma mémoire est bonne le Togo a également soutenu les PIED (petits etats insulaires en développement ou AOSIS en Angais) dans leur démarche d’une réduction de moins de 45% en dessous de son seuil de 1990 d’ici 2020. Ecoutera, écoutera pas, l’avenir le dira. Mais voici une petite idée de ce qui s’est passé à Bonn la dernière fois. Merci de continuer à me lire !

Les négociations sur le climat à Bonn : encore rien de concret

La semaine de négociations informelles tenue à Bonn du 10 au 14 août 2009 n'a pas permis de faire le minimum de progrès permettant d`espérer d`arriver à Copenhague avec optimisme sur le futur traité climat Post 2012.

Le clivage nord-sud reste important sur un très grand nombre de points :

  • niveau d`engagements de réduction des émissions en GES (Gaz à effet de serre) à moyen terme pour les pays développés ;
  • forme de participation des pays en développement à l'effort mondial d`atténuation des émissions nécessaire ;
  • moyens financiers, technologiques et en capacités à mettre en place pour permettre aux pays en développement de s'adapter aux changements climatiques...
  • De mauvaises nouvelles tombées en début de semaine sont venues détériorer encore plus l`ambiance des négociations :
  • Engagement de la Nouvelle Zélande pour une réduction de ses émissions de 10 à 20% seulement en 2020/1990 (avec en toile de fond plusieurs si et si et si les autres font ci et cela)
  • Rejet du parlement australien de création d'un marché d'émissions,
  • Publication du secrétariat de la convention montrant que les engagements des pays développés à ce jour – non compris ceux des Etats Unis d'Amérique - pour 2020 sont autour des 15 -20% (vous avez compris, on est loin des 25-40% que le GIEC recommande fortement) et qu`avec ceux des USA annoncés on serait bien plus bas.

Les prochaines étapes prévues en septembre 2009 sont décisives : Forum des économies majeures et Assemblée générale de l'ONU, sommet du G20 à Pittsburgh et puis la réunion prévue à Bangkok par la convention vers la fin Septembre 2009.

Réforme du MDP et marché du carbone post 2012, de grandes incertitudes

Les discussions informelles tenues à Bonn du 10 au 14 août 2009dans le cadre de la CCNUCC ont donné très peu de visibilité sur le future du MDP et aussi sur son avenir dans le futur traité climat Post 2012. Le texte concernant la reforme, tant attendue du MDP, est resté avec de multitudes d`hypothèses diverses et parfois contradictoires sur des points concernant la reforme.

Parmi les point qui n`ont pu être tranchés on trouve en particulier :

  • L'idée d`accorder plus ou moins de crédits à des projets selon leur type et leurs régions ;
  • L'éligibilité au MDP de nouveaux secteurs comme le nucléaire ou le CSC (entendez captage, séquestration et stockage du carbone, la nouvelle découverte des apprentis-Dieu) ;
  • La révision de la durée MDP des projets ;
  • Le renforcement du volet impact pour le Développement Durable dans l'évaluation de l'éligibilité MDP des projets ;
  • L’adoption d’un traitement moins bureaucratique des projets relevant du MDP.

La décision sur ces aspects ont été différées aux prochaines réunions et certaines même à la conférence de Copenhague .Les investisseurs dans le MDP sont plus incertains que jamais pour l'après 2012 ! ET C’EST TANT MIEUX : on veut des actions dans les pays, pas en dehors.

Les ANAAs arrivent mais difficilement

A Bonn, la semaine du 10 Août 2009, les négociateurs ont aussi discuté d'autre mécanismes susceptibles de jouer un rôle important dans l`atténuation des émissions en GES dans le nouveau traité climat post 2012 ; dont en particulier l`approche sectorielle sous différentes formes.

L`approche qui a semblé la plus visée et recherchée par tous est celle des Actions Nationales Appropriées d`Atténuation (ANAA) ou NAMAs en Anglais: Elle consiste à donner des compensations financières à des pays en voie de développement lorsque leurs émissions sont plus faibles qu`un seuil prédéfini volontairement dans le cadre de ce qu on appelle les ANAAs.

Les pays en développement acceptent d`utiliser ces ANAAs pour participer à l’effort mondial d`atténuation dans différents secteurs mais ils refusent, d`une part que les réductions engendrées par les ANAAs soient suivies et vérifiées, d`autre part que les crédits carbone qui en résultent puissant être mis sur le marché et servir aux pays développés pour tenir une partie de leurs engagements. On est loin d`un consensus sur ces nouvelles ANAAs !

En fait, vous voyez, on renvoie les Pays pauvres très endettés et en mal-développement à aller revoir toutes les stratégies déjà existantes et à réécrire un seul MEGA DOCUMENT (le Niger a élaboré 14 documents de ce genre non encore mis en oeuvre) sur leur ANAA dans lequel chacun précise le seuil d’émission et ainsi pouvoir sur la base de la déviation à opérer s’attendre à des compensations financières. Comme quoi, on est loin de voir les fautifs réparer le tort. Les principes de Rio, servent à quoi, je ne sais vraiment plus.

Les autres hot issues discutés incluent :

  • l’évitement du double comptage (comme dans le cadre des ANAA ou du MDP quand un pays qui réalise des réductions en même temps que le pays qui accepte d’accompagner le programme par exemple, comptent en même temps la même valeur d’émission)
  • l’adaptation avec le texte qui est parti pour être mieux consolidé et validé à Bangkok
  • Le REDD avec quelques avancées sur les droits des peuples indigènes et l’aspect sur la conservation des forêts primaires.
  • le Financement avec l'accent qui a été mis par les Pays en développement afin que les montants soient additionnels aux promesses existantes et que ce soit essentiellement de l'argent public. Il faut noter que le groupe G77+Chine a exigé un chiffre de 1% du PNB des pays riches soit 4 milliards de dollars pour faire face aux enjeux du climat. Le secrétariat parle de 200 milliards et le groupe des ONG avance le chiffre minimum de 350 millions de dollars par an d'ici 2020. Who will pay whom? That is the question!

Marché carbone

Projets MDP sur le site de la CCNUCC : 20 Août 2009, APPRECIEZ PAR VOUS-MEME SI CETTE AFFAIRE DE MDP EST REELLEMENT POUR LE PROFIT DE CE CONTINENT !

  • Projets dans le portefeuille de la CCNUCC : plus de 4 200 projets avec 2,9 milliard de TCO2eq attendues avant 2012
  • Projets soumis pour enregistrement : 122 (14,316,891 TECO2/an)
  • Projets enregistrés : 1775 (311,612,304 TECO2/an) dont 36 dans des pays Francophones : 8 au Vietnam, 5 au Maroc, 5 à Chypre ; 4 en Égypte, 4 au Cambodge, 4 en Moldavie, 2 en Tunisie, 1 au Laos, 1 en Dominique ,1 Cote d`Ivoire, 1 Guinée (ne me demandez pas ou se trouve le Togo)

URCEs émises : 322,037,611. NB :

  • Prix de l’URCE pour 2009-2012 : de 9 à 13.2 € (9 € pour des URCEs de projets à risque moyen, 10 € à 10.5 pour des URCEs de projets à risque faible, 11 à 12 € pour des URCEs de projets enregistrés, 13 à 13.2€ pour des URCEs assurées garanties)
  • Prix de l’URCE pour post-2012 : 6 à 8 €

Les plantations en tant que puits de carbone : l’escroquerie du marché du carbone dans toute sa splendeur

MA CRITIQUE DU MARCHE CARBONE : J'aimerais partager avec vous une petite réflexion sur le marché du carbone que j'apprécie tant.

Tandis que pour la plupart de l’humanité le changement climatique représente un désastre, pour quelques personnes il s’agit d’une occasion de faire de bonnes affaires. À leurs yeux, le changement climatique concerne les émissions de carbone et le carbone peut être commercialisé comme n’importe quelle marchandise sur le marché mondial. D’après eux, il s’agit d’un marché de milliards ou de millions de dollars dont ils espèrent tirer de gros profits. Peu importe qu’il ne serve absolument pas à arrêter le changement climatique : la seule chose qui compte pour eux est sa valeur en tant qu’investissement lucratif.

Le problème est que ces personnes ont du pouvoir et beaucoup d’influence à l’échelon national et international, là où les lois et les accords sont façonnés à la mesure de leurs souhaits. Tel a été le cas de la Convention sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto qui y est associé : les deux ont cédé à leurs pressions en acceptant le marché du carbone comme une des « solutions » au changement climatique. C’est ainsi que le dénommé « Mécanisme de développement propre » a été approuvé en tant que moyen de « compenser » les émissions de CO2.

En outre, le soutien gouvernemental aux approches libre-échangistes a permis à ces mêmes acteurs de créer un marché volontaire du carbone, où l’on fait croire aux gens qu’en payant un peu d’argent ils peuvent ne plus se sentir coupables de leurs émissions de CO2, par exemple celles de leurs voyages aériens. C’est ainsi que le marché de la « neutralité en carbone » est né.

Aussi bien le marché « officiel » que le marché « non officiel » a inclus les plantations d’arbres parmi les moyens possibles de « compenser » les émissions.

Des bulletins connus et respecté ont publié une abondante information sur les effets des plantations d’arbres en général ; il a divulgué des études sur les raisons pour lesquelles les plantations ne devraient pas être considérées comme des puits de carbone ; il a énuméré les raisons de s’opposer au marché du carbone et il a expliqué pourquoi la « neutralité en carbone » était une escroquerie. Le tout est facile à trouver sur notre site web.

À présent, nous souhaitons nous centrer sur un problème qui, à lui seul, devrait suffire à exclure les plantations d’arbres en tant que puits de carbone : le risque d’incendie.

Imaginons la situation suivante. Une entreprise polluante du Nord s’adresse à un vendeur de « neutralité en carbone » qui lui promet de « compenser » ses émissions en plantant des arbres. Supposons que les arbres soient vraiment plantés et qu’ils absorbent tout le carbone émis par l’entreprise polluante. Six années plus tard, toute la plantation brûle. En brûlant, elle libère tout le carbone qu’elle était censée « compenser ». Ainsi, la plantation n’a servi qu’à éviter à l’entreprise polluante d’investir dans ce qui était indispensable du point de vue climatique : la réduction de ses émissions.

Le scénario précédent correspond à une situation réelle car les plantations les plus courantes – celles de pins et d’eucalyptus – ont tendance à prendre feu naturellement. Ces deux types d’arbres sont très inflammables dans les bosquets naturels – en fait, le feu les aide à éliminer la concurrence d’autres espèces – et encore plus inflammables dans les grandes plantations à croissance rapide qui créent sous leur dais un milieu très sec, idéal pour la propagation du feu.

En outre, la situation sociale qu’elles créent en fait la cible d’incendies volontaires dans de nombreux endroits où elles ont affecté la population. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un fait prouvé, certains incendies qui ont éclaté à des endroits aussi éloignés que le Chili et le Swaziland auraient été provoqués par des gens du pays qui avaient été déplacés ou affectés par les plantations. Il y a une dizaine d’années, au Venezuela, les employés de l’entreprise papetière Smurfit ont reçu l’ordre de fouiller les habitants des environs de ses plantations et de confisquer leurs allumettes et leurs briquets, craignant qu’ils ne provoquent un incendie. Et cette possibilité était tout à fait réelle : la plupart des gens ont dit ouvertement qu’ils souhaitaient mettre le feu aux plantations.

Que ce soit pour des raisons écologiques ou sociales, les plantations n’arrêtent pas de partir en flammes dans le monde entier. Les incendies de plantations (et de forêts) en Australie, en Espagne, au Portugal, au Chili, en Afrique du Sud et au Swaziland figurent parmi les plus commentés par les médias, mais il suffit de faire une recherche rapide sur la toile pour en trouver bien d’autres dans les pays qui ont de grandes plantations d’arbres en régime de monoculture.

La conclusion évidente est qu’il est très peu judicieux – pour ne pas dire très bête – d’utiliser les plantations pour stocker du carbone. Le fait de considérer les plantations d’arbres comme des puits de carbone n’a qu’un aspect positif : cela met en pleine lumière l’escroquerie du marché des émissions.

A SUIVRE…

Pour contacter Sena :
Sena ALOUKA
Executive Director Jeunes Volontaires pour l'Environnement
131, rue Ofé, Tokoin Casablanca Box 8823, Lomé, Togo
Tel +228-2200112 Mobile:+228-9216740, Fax:+228-2220648

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