Ploiesti, une ville roumaine de 250 000 habitants à 50 km au nord de Bucarest, n'a rien de touristique. Puits de pétrole et raffineries encerclent la ville de toutes parts. Les maisons aux façades sculptées construites à l'âge d'or rappellent que la région a été aussi riche que la Suisse.

Certaines zones industrielles sont maintenant abandonnées, laissant des friches gigantesques. Les raffineries en fonctionnement ont obtenu une dérogation jusqu'en 2012 pour se mettre aux normes européennes. Résultat : une odeur de souffre et une poussière noire envahie jusqu'à l'intérieur des appartements. Tout n'est pas noir pour autant.

J'ai rencontré Sabina et Lucian de la jeune association ZAPODIA. Ils développent la sensibilisation pour préserver le cadre de vie. L'histoire débute il y a trois ans au lycée où une bande de copains décident qu'il n'est pas possible de rester les bras croisés face à toutes ces pollutions, et qu'ils ne doivent pas attendre que la municipalité ou le gouvernement agissent. Les premières actions se répandent d'un lycée aux autres puis aux collèges. Le groupe grandit à une vingtaine de membres actifs et sors des murs des établissements scolaires. Les freins sont cependant nombreux. La dictature de Ceausescu réclamait un quotta de verre et de papier à rapporter pour chaque habitant. Le mot recyclage n'existait par, il s'agissait de réutiliser les ressources disponibles dans un pays fonctionnant en partie en autarcie. La population étaient rationnée et le gouvernement menait des campagnes incitant à économiser l'eau ou le gaz, des ressources disponibles seulement quelques heures par jours.

Cette époque pas si lointaine a laissé des traces dans la mentalité roumaine. Les campagnes actuelles de protection de l'environnement ont un but différent, mais le message reste à peu près le même et il est difficile de le faire passer.

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