Téma, aucun guide de voyage n’en parle. Apparemment il n’y a rien à visiter ici quand je pose la question. Je pars donc pour une de mes activités favorite : faire le tour du marché et comprendre l’organisation de mon quartier. Il n’y a pas d’urbanisme comme en Europe, mais le marché est toujours le point central. Je trouve à côté la poste et les bureaux de change. J’envoie quelques cartes postales, les premières depuis mon arrivée il y a 3 mois en Afrique je crois. Je change des dollars américains acheté au marché d’Antakya (Antioche) en Turquie il y a 2 ans et qui ne m’ont jamais servit, j’achète des euros pour avoir de l’argent de poche à bord de mon cargo. J’achète aussi un peu de cedies, la monnaie du Ghana, car mes achats de dernières minutes m’ont couté plus que prévus et je ne veux plus utiliser ma carte Visa.

Quand je me ballade dans les marchés, ou leur équivalent du monde arabe, les bazars, je n’achète que des petits trucs à grignoter car c’est assez difficile de marchander avec la foule qui vous presse. Un marché est un monde à part, c’est le centre d’une galaxie. Les villageois qui viennent ont parfois l’air d’extraterrestre, avec leurs vêtements différents ou leur appréhension face au trafic routier. Vous trouvez les fruits et légumes produits à quelques kilomètres à la ronde, mais aussi tout ce qu’une grande ville peut récupérer : chaussures et habits de seconde main, des appareils électriques…

Au milieu de tous ces stands construits avec 4 planches ou simplement délimité par un bout de tissus posé à même le sol, les cantines sont à peine moins mouvementées. Les femmes sortent de grandes bassines remplis de riz, fufu, manioc, ignames. Les sauces arachides ou tomates sont dans de petits ports et sur un coin de tables trône le poisson séché noircis par la fumée, les brochettes de bœufs et les cuisses de poulet rougis par l’huile dont elles sont badigeonnées. Trop de monde, trop de regards vers le blanc, je n’ose jamais sortir mon appareil photos.

Du Ghana en Europe, je vais mettre 14 jours. A l’époque du commerce triangulaire, les négriers mettaient 2 à 3 mois pour faire le chemin inverse. Sur l’ensemble du parcours, 30 à 40% de l’équipage pouvait décéder, et 10 à 20% des esclaves. J’aurais la belle vie à bord de mon cargo avec cabine personnelle et TV satellite (parait-il), mais je prévois quand même quelques courses :

  • des chocos pour mon petit-déj, et une pâte comme du Nutella, trouvé dans un supermarché.
  • une quinzaine d’orange, toutes vertes et moins bonnes que celle du Maroc.
  • un peu de corned-beef pour me faire un sandwich au cas où et quelques biscuits avec la tête d’Obama dessus.

En rentrant à mon hôtel je trouve un magasin de produit locaux, j’en profite pour acheter du schnaps, qui sert pour les rites vaudou et pour les mariages, et des biscuits secs. Il y a aussi du beurre d’arachide et de chocolat, mais c’est trop lourd pour mon sac. J’ai droits à 100kg de bagage à bord, mais après il me faudra tout transporter du port d’Amsterdam jusqu’à la maison quand même. Je m’arrête encore une fois en route pour manger une saucisse grillé et un verre de liqueur de chocolat puis je rentre me mettre à l’abri. Un orage arrive et je n’ai pas envie de me noyer à cause d’une pluie tropicale.

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