Je suis arrivé le 21 février à Tanger et le 9 mars à Bamako.

  • J'ai réalisé 4 vidéos avec le GERES au Maroc, dont seule une série de photo ont été publiés, et loupé une interview à Rabat avec un fonctionnaire sur les seuls projets CDM/MDP d'Afrique du Nord et peut-être d'Afrique.
  • J'ai une série de photo sur mon road-trip Tanger-Bamako en 7 jours, mais quasiment sans aucun texte mis à part les légendes des photos.
  • J'ai rencontré le Réseau Carbone à Bamako, sans pouvoir faire de vidéo ni avoir pus prendre de note.. Malgré plusieurs contacts, je n'ai pas pu voir les services de la météorologie nationale : trop de paperasse à faire, de personnes pas motivés... J'ai pu faire 2 interviews avec l'ONG Sahel Solidarité Mali mais sans avoir pu aller voir sur place leur projet d'écotourisme, dépollution des sols et agro-écologie malgré deux tentatives. Je n'ai pas contacté non plus Yoro, l'animateur national de l'ONG française LACIM



Mes deux premières semaines au Mali m'ont semblé un mois ! J'avais prévus d'aller en Chine et d'être à -40°C en février dans le transsibérien en Russie, pas de supporter +40°C à Bamako avec l'impression d'être dans un four où l'on souffle de la poussière en permanence, il y a peu de routes goudronnés à Bamako et les concentrations en particules fines dans l'atmosphère sont 100 fois plus élevé que les seuils de l'OMS, pour des pics atteignant les 500 fois !
Un expatrié à Koutiala explique que le salaire de base malien est 20 fois inférieur à celui en France, alors que l'essence est quasiment au même prix (700 CFA pour 1 litre de carburant pour les petites motos). Cette différence aide à comprendre l'habileté de certains vendeurs à vous vendre 3 fois plus cher de l'artisanat sous prétexte que vous êtes un touriste blanc et qu'il a une famille à nourrir (jusqu'à ce que vous le retrouviez ivre mort le lendemain matin au bout de la rue).

Pour l'instant j'ai du mal avec l'Afrique. C'est pour moi un paysage désolé : peu de végétation, à cause de la pression démographique et du climat sahélien, des échoppes de 3 bouts de bois pour vendre un peu d'essence, de bois, de l'épicerie, des volailles... Pas de gros problèmes de grappes d'enfants ou de racoleurs comme dans certains endroits en Inde, mais souvent un grand sourire pour dire que ce n'est pas possible (de faire un café, d'avoir un renseignement...). Les rencontres sont rares pour le moment avec ceux qui ne vont pas demander un peu d'argent ou un cadeau avant la fin d'une conversation amicale dans la rue et je commence à n'en plus pouvoir du menu frites-brochette de veau pas cuite midi et soir. J'essaye de dormir quelques heures entre 11h et 16h quand il fait le plus chaud, mais même sans bouger sous un ventilo on est en sueur, humide, moite, collant.

Les projets sont très nombreux au Mali, où alors si peu nombreux que tout le monde en parle, et qui allient écologie et développement : agro-foresterie, éco-tourisme, utilisation de l'eau, gestion de la forêt, mais à chaque fois ce ne sont que des projets financés par l'aide au développement ou la coopération. Même les programmes de coordination du ministère de l'environnement (le Projet d'Appui à la Politique Environnementale) est financé par la coopération allemande avec le GTZ. Sans l'Europe, les USA ou la Chine il n'y aurait rien : pas de financement, ni de technicien ou d'ingénieur pour mener les projets. Dimanche soir, en regardant les résultats (et l'abstention) pour les régionales françaises, un malien m'explique que le président ici n'a pas de partis, il n'en a pas besoin car c'est la France qui le nomme de toute façon. Le réseau Carbone, qui souhaite mené des projets d'atténuation et d'adaptation financé par des crédits carbone, à notamment l'ambition de faire revenir la diaspora malienne au pays : c'est un des points important de son projet !

Les projets que je vois pour le moment, ainsi que la vie en général, me semble anecdotique, des pansements sur une jambe de bois. Il n'y a quasiment pas d'autonomie financière pour des projets qui dépasse l'échelle de l'affaire familiale. La santé, l'alphabétisation, la justice sont à un niveau basic. Les projets sans aide humaine ou financière du Nord me semblent peu viable.
Une française qui participe à un atelier de bazin critiquait les femmes qui ne prenait pas d'initiatives : pourquoi toujours utilisé 4 couleurs, pourquoi se limiter à quelques motifs sans cesse identique ? Pas assez d'imagination bridé par la traditions, manques de cultures, pas de projections dans l'avenir pour anticiper les ventes...
L'afrique, un autre monde que j'ai encore trop de mal à comprendre.

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