Les conséquences sont réelles : guerre de l’eau, révolte de la faim, occupation militaire des champs pétrolifères, construction de murs de barbelés et de champs de mines aux frontières de l’Europe-forteresse, lois sécuritaires sous couvert de lutte contre le « terrorisme »…



J’ai passé quelques années à militer et à travailler dans différents champs du développement durable. Je suis content de pas mal d’initiatives réalisées avec des amis militants : ensemble, il est possible de construire des petits bouts d’un monde meilleur. Un autre monde est possible. Mais régulièrement, des contre-exemples venant parfois de partenaires proches viennent détruire le bénéfice de ce qui a été laborieusement construit. J’en suis venu à me demander s’il est utile de créer des filières locales pour l’agriculture et le commerce équitable si à côté de nouvelles zones commerciales sont construites pour vendre des emballages plastiques à la tonne.



Plutôt que de ruminer ces idées, j’ai décidé d’aller voir ailleurs ce qui ce passe. J’ai créé mon projet de voyage de plus d’un an en Europe et en Asie (pour éviter de prendre l’avion) pour faire témoigner celles et ceux qui luttent quotidiennement contre le changement climatique. J’ai pour objectif de parcourir plus de 40 000 km sur la route, sac au dos, et de faire des interviews. Diffusés sur mon site web et dans un réseau d’écoles, ces vidéos, textes et photos montrent que les enjeux sont globaux et je peux sensibiliser enfants et adultes.



Les risques naturels sont plus fréquents, les inondations tuent en Slovénie et l’eau manque à Chypre. Les espèces de poissons ne sont plus les mêmes sur la côte croate. Le prix des aliments fait la une des journaux au Moyen Orient. Les voitures au GPL sont légions en Europe de l’Est car elles sont plus économiques.



Malgré tout, j’ai l’impression que les quelques 50 interviews réalisées à ce jour sont pessimistes. Il n’y a pas de changements globaux dans les politiques des états. Les aides publiques pour les énergies renouvelables ne suffisent pas pour faire face à la demande. Les transports publics se développent moins vite que l’utilisation de la voiture individuelle dans des pays où elle était quasiment absente il y a seulement 10 ans. Les nouvelles centrales nucléaires et les vielles usines de charbon sont la norme.



Mme BOGATAJ, co-présidente d’un atelier du GIEC, le groupe de scientifique qui abreuve l’ONU de rapport sur l’évolution du climat, est de plus en plus pessimiste. Je l’ai rencontré dans son bureau de l’Université de Ljubljana en Slovénie. Elle espère un siècle de changement correspondant à celui des Lumières, une période ou nous changerions de repères. Un simple changement de notre vie quotidienne n’est pas suffisant. Il faut changer le cours du monde.



Melle OBEID est la nouvelle chargée de campagne d’IndyACT, la ligue des activistes indépendants du Liban. Depuis Beyrouth, entre deux périodes de conflits armés, elle est en train de créer un réseau d’ONG arabes pour faire pression sur les états et la ligue arabe. Elle ne cesse de répéter que ce sont des petits groupes qui ont impulsé les changements.



Tout comme elles, je pense qu’il est crucial de limiter dès maintenant et autant que possible nos émissions de gaz à effet de serre. Le dérèglement climatique s’accélère, et nous ne sommes qu’au début d’un cycle. Si nous ne pouvons réagir tant que nous en avons le temps et les moyens, avec une démocratie presque fonctionnelle, je ne doute pas que les changements nécessaires seront imposés par la force si nécessaire dans les années futures. Le climat change, et il est plus qu’urgent d’agir !

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