Venise, une cité disparaît sous les eaux

Cette semaine, je voyage dans deux villes mythiques. J'ai profité de ma dernière journée à Rome pour passer quelques heures au Vatican. Avec 900 habitants, c'est l'un des pays les moins peuplés au monde, c'est aussi le deuxième pays que je visite durant mon voyage. Le lendemain matin, je prends un train qui m'emmène à Venise.


Je suis plongé dans mon travail pendant les quatre heures du trajet et en sortant de la gare, j'ai l'impression de changer de monde. Avec plus de 250 000 habitants, Venise est l'une des plus grandes villes au monde sans voiture. J'ai l'impression de pénétrer un labyrinthe avec son réseau de canaux sombres, les grands murs pleins de mauves et de jaunes des maisons et le blanc des palais vénitiens qui se succèdent.
Venise est constitué d'un ensemble d'îles situées au sein d'une lagune, entre l'embouchure du Pô et au fond de la mer Adriatique. Depuis le Ve siècle, la ville se développe économiquement et politiquement, notamment grâce à sa position entre terre et mer. Lors des grandes marées, appelé aqua alta, une partie de la ville se trouve sous les eaux.
Cette situation va en s'empirant. Sara et Francesco, deux des six étudiants qui m'hébergent dans leur appartement, m'expliquent qu'ils craignent plus l'affaissement des fondations en argile et en sable que les aqua alta.
Le creusement des canaux dans la lagune pour le passage des cargos et des bateaux pour les touristes accentue les échanges d'eau salée avec la mer et augmente le niveau des marées. Au XXe siècle, des puits ont été forés pour pomper la nappe phréatique et le sol est en train de s'affaisser. L'expansion du volume de la mer due au réchauffement du climat joue un rôle moins important, mais sans cesse croissant. Venise est condamnée à disparaître.

Conseil de la semaine : remercier la pluie. L'eau de pluie est un bienfait que l'on peut récupérer à partir des gouttières dans des citernes. Cette eau servira à l'arrosage des plantes, du jardin, ou aux lavages divers.

Lien à voir : collectif NO MOSE

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Ljubljana, petit mais costaud



Je me sens tout de suite bien à Ljubljana. J’approche de l’Europe centrale et je touche du doigt les balkans. J’ai un peu plus l’impression de voyager, avec une nouvelle langue et de nouvelles lettres dans l’alphabet qui me font perdre peu à peu mes repères.


Je rencontre Lučka Kajfež Bogataj dans son bureau de la faculté de biotechnique. Elle est vice-présidente du groupe de travail en charge de l’étude des impacts, de la vulnérabilité et de l'adaptation au changement climatique au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), un organisme des Nations Unies. Elle a reçu avec les autres membres du GIEC le prix Nobel de la paix en 2007.
L’impact du changement climatique est fort en Slovénie. Depuis une quinzaine d’année, il y a deux fois moins de neige en hiver, avec comme résultat moins de tourisme dans la partie alpine. Les étés sont plus secs et plus chaud, ce qui réduit les rendements agricoles alors que les paysans représentent la moitié de la population active. Les pluies automnales sont plus importantes et cause beaucoup de dégâts, 6 personnes sont décédées en septembre 2005 alors que le pays connaissait des inondations d’une ampleur inconnue jusqu’alors.
Mme Bogataj est très pessimiste pour notre avenir. Elle présente le résultat de ses recherches aux hommes politiques du monde entier, mais très peu d’actions sont menées pour répondre aux enjeux du changement climatique.
Notre modèle de société de consommation s’étend au monde entier. Il faudrait selon elle changer de système de valeurs pour trouver une solution.

Conseil de la semaine : être citoyen Les représentants politiques doivent écouter les revendications environnementales de chacun : aménagement urbain, projet de loi, politique de développement durable… Il ne faut pas hésiter à faire entendre sa voix, avec civilité et une pointe d’humour.

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