Mon projet "Avenir climat" est à la fois un travail et un voyage. J'avais envie de quitter le monde du travail et le salariat après 5 ans et demi comme chargé de mission pour l'agenda XXI de l'autunois et une quinzaine d'année dans le système éducatif. C'était au départ une envie de liberté, avec l'idée de partir un an en tour du monde, billet d'avion en poche et sac au dos.
Après un peu de réflexion, j'ai gardé le sac et laissé de côté le billet d'avion. Je ne me sentait pas capable de jouer au touriste, blanc et riche, dans des pays du Sud, ni de polluer pour le plaisir en prenant l'avion. J'ai donc décidé de choisir un thème pour le voyage, autour de l'écologie puisque c'est mon domaine de prédilection.
Le voyage à thème est intéressant à plusieurs titres. Ça donne un cadre au voyage, parce que pendant un an sur la route, on voit pleins de choses, mais il faut trier pour vraiment en profiter. Ça me permet d'approfondir mes connaissances "à l'internationale" dans un domaine, et c'est pas anodin. En me renseignant auprès d'amis qui ont fait un tour du monde, je me suis rendu compte que l'après voyage n'est pas toujours facile : il faut se réhabituer à un rythme de vie et à des relations sociales qui comporte leurs règles. Il faut aussi retrouver un job ou quelque chose à faire, bref, retourner dans la réalité du quotidien des sédentaires.

Facade de bureau à Belgrade en Serbie, ponctuée par les climatiseurs.
De fils en aiguilles, j'ai continué ma réflexion jusqu'à un colloque sur le développement durable à Nantes fin 2007. j'étais là-bas pour mon boulot, et l'invité d'honneur était Yves Paccalet. L'auteur du livre "L’Humanité disparaîtra, bon débarras !" insistait sur l'urgence de lutter contre le changement climatique, à côté d'élus qui péroraient sur leurs actions, certes intéressantes, mais toujours trop limités dans le temps ou l'espace, bref, anecdotique.
Nous étions à une période ou le développement durable et les Agendas 21 devenaient moins populaire au profit du climat, un thème plus large et aussi plus concret. Vous pouvez tout mettre sous le chapeau de la lutte contre le changement climatique, c'est un programme pour l'humanité entière : les réfugiés climatiques, la dette écologique, l'extinction des espèces, la pollution, les guerres de l'eau et du pétrole, le nucléaire, la société de consommation, les générations futures, la logique suicidaire du capitalisme, les politiques sécuritaires, et encore plus.
Face aux problèmes locaux et globaux, aux alternatives présentés, une seule clés de lecture peut être développé pour tous ces domaines : le climat.
Le champ éolien près d'Izmir en Turquie.
Revenons au projet "Avenir climat". Ce thème du changement climatique s'accorde avec mon envie de ne pas utiliser l'avion. Je peux recueillir des témoignages auprès de celles et ceux qui luttent au quotidien pour limiter le changement climatique et comparer avec ce qui se fait en France. Il faut faire connaitre ces témoignages, pour qu'ils puissent inspirer d'autres personnes que moi. Le projet prends peu à peu de l'ampleur, avec l'idée de publier les infos dans un média, de partager mon expérience avec des écoles pour faire de l'éducation au développement durable...
Une fois qu'on a un projet, on peu avoir des aides financières pour le réaliser. Après tout, j'aimerai bien garder quelques économies pour l'après-voyage, car je n'aurai plus de travail. Je ne peux pas partir en année sabbatique car je suis toujours en CDD, et de toute façons je ne veux pas avoir de date butoir pour le retour.
En juin 2008, l'association "Notre avenir, notre climat" est créée. Cette structure est nécessaire pour appuyer légalement et financièrement le projet. Elle me permet de recevoir des dons de particulier, dont 66% est déductible des impôts sur le revenu, ainsi que les financements publiques. Je peux plus facilement faire des factures pour que mes interventions dans les écoles ou lors d'une conférence soient rétribuées.
Participation à une critical mass, une manif à vélo sauvage à Nicosie, Chypre.
Voila pourquoi, 2 ans et demi après avoir eu l'idée d'un voyage thématique sur le climat, je repars sur la route. Il y a eu une pause depuis la rentrée 2008, un passage en Pologne en décembre, mais cette fois je suis prêt pour aller découvrir l'Asie. J'aime ces moments où je bouge d'un point à l'autre pour aller faire le prochain reportage.
Mon métro à moi change à chaque fois : bus, train, ferry, cargo, camion qui me prend en stop... Mon boulot, je le fais dans un bureau qui tient sur mon ordinateur portable, dans un environnement qui change toutes les semaines, et qui écrit en cyrillique, grec, hébreu, ou arabe. Pour le dodo, si je ne suis pas dans un hostel pleins de voyageur, je suis accueillis par des personnes que je n'aurais jamais rencontré autrement.
Mon premier métro part ce soir, à minuit de Dijon. Avec un peu de chance, ce sera en direct sur France Inter dans l'émission "allo la planète" avec Eric Lange. alors, tous à vos postes vers 23h30. Sinon, il faudra prendre votre sac et me retrouver sur la route, quelque part entre Autun et Pékin !
Cargo dans le détroit du Bosphore, en direction de la mer Noire, vers Istanboul, Turquie.




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